Prendre un drone dans son sac pour le Sri Lanka, c’est tentant. Les paysages sont incroyables, les points de vue se succèdent, et on se dit vite que ce serait dommage de ne pas les capturer depuis les airs.
Mais très vite, une question se pose : a‑t‑on le droit de faire voler un drone au Sri Lanka ?
La réponse est claire : oui, mais pas sans autorisation.
C’est déjà notre deuxième voyage au Sri Lanka avec un drone, et pour la deuxième fois, nous avons fait le même choix de respecter entièrement la réglementation locale. Même si beaucoup ne le font pas, pour nous, c’est une évidence : quand on voyage, on respecte les règles du pays qui nous accueille.
- Le drone au Sri Lanka : ce que dit la loi (et ce qu’il faut vraiment comprendre)
- Le site officiel pour faire la demande (et uniquement celui‑là)
- Notre expérience réelle : comment se passe une demande d’autorisation drone au Sri Lanka
- Les règles concrètes à respecter sur le terrain (et elles sont strictes)
- No objection c’est quoi cela?
- « Beaucoup de gens ne font pas la demande »…
- Questions fréquentes pour utiliser un drone au Sri Lanka
- Conclusion : voyager avec un drone au Sri Lanka, oui mais intelligemment
Le drone au Sri Lanka : ce que dit la loi (et ce qu’il faut vraiment comprendre)
Au Sri Lanka, l’utilisation d’un drone est strictement encadrée. Toute utilisation — même à but de loisir — nécessite :
- une autorisation de sécurité (Ministry of Defence),
- une approbation officielle de la Civil Aviation Authority of Sri Lanka (CAASL),
- et le paiement des frais administratifs.
Sans ces documents, faire voler un drone est tout simplement illégal.
Le site officiel pour faire la demande (et uniquement celui‑là)
Toutes les démarches se font via le portail officiel de l’aviation civile sri‑lankaise :
👉 https://portal.caa.lk/drone/apply-now/report.php
C’est le seul site à utiliser.
Tout ce qui passe par des intermédiaires, groupes Facebook ou “astuces” n’a aucune valeur légale.
Cette demande permettra d’obtenir les 3 documents nécéssaires.
Notre expérience réelle : comment se passe une demande d’autorisation drone au Sri Lanka
1️⃣ Première étape : la Security Clearance (Ministry of Defence)

Après avoir introduit la demande, la première réponse que nous avons reçue est une autorisation de sécurité délivrée par le Ministry of Defence.
Ce document : autorise le principe de l’utilisation du drone, liste les lieux, dates et plages horaires précises, rappelle les zones strictement interdites (sites militaires, religieux sensibles, faune).
Par exemple à Ella, le document rappelle l’interdiction du vol sous le Nine Arch Bridge. Ce n’est pas pour vous décourager, c’est bien une raison de sécurité, il y a des nids de frelon sous les arches du pont.
👉 Important : cette “Security Clearance” n’est pas suffisante pour voler. Elle permet seulement de passer à l’étape suivante.
2️⃣ Deuxième étape : la demande de paiement (CAASL)

Une fois la clearance sécurité accordée, la Civil Aviation Authority of Sri Lanka envoie une demande de paiement officielle.
Dans notre cas, les frais concernaient : l’évaluation du dossier, l’autorisation d’opérer le drone, les taxes locales (TVA, droits, contributions).
👉 Ce paiement est obligatoire, pour que le dossier continue.
👉 Cout : 16 095,38 LKR. (Lors de nos 2 expériences, cela a été le même prix)
3️⃣ Troisième étape : l’autorisation finale de vol (Approval to Fly)

Après le paiement et quelques jours d’attente, nous avons reçu le document le plus important :
👉 l’Approval to Fly a Drone for Aerial Filming, délivré par la CAASL.
Ce document précise noir sur blanc :
✅ le modèle exact du drone (DJI Mini 4 Pro dans notre cas),
✅ les dates autorisées,
✅ les lieux précis,
✅ la hauteur maximale (400 ft soit 120m),
✅ toutes les conditions opérationnelles.
Sans ce document, aucun vol n’est autorisé, même avec une clearance sécurité.
Les règles concrètes à respecter sur le terrain (et elles sont strictes)
Voici ce que nous avons réellement dû respecter, tel que stipulé dans les documents officiels :
🚫 Interdiction de survoler les zones militaires et sensibles,
🚫 Interdiction de voler au‑dessus des foules,
🚫 Interdiction de voler au‑dessus de sites religieux majeurs (ex. Temple de la dent à Kandy),
🚫 Interdiction de voler près de la faune sauvage,
✅ Altitude maximale : 400 pieds soit 120 mètre,
✅ Vol uniquement de jour,
✅ Contact visuel permanent avec le drone,
✅ Créneaux horaires précis à respecter.
No objection c’est quoi cela?
On lit souvent sur différents sites qu’il faut systématiquement faire des demandes de « no objection » pour faire voler un drone au Sri Lanka.
En réalité, ce n’est pas toujours nécessaire, à condition de respecter strictement les règles officielles expliquées plus haut.
Le principe est assez simple.
👉 Si tu souhaites faire voler un drone au‑dessus d’un site religieux, d’un lieu protégé ou d’une zone liée à la faune, une autorisation spécifique est requise. Et comme l’usage du drone est ici considéré comme du loisir, ces autorisations sont généralement refusées.
👉 Si tu fais voler ton drone au‑dessus d’un lieu privé, comme un hôtel, une villa ou un logement, l’accord du propriétaire est indispensable. Dans la pratique, un simple e‑mail ou un message écrit suffit largement et fait office de no objection.
Pas besoin de multiplier les démarches inutiles, mais du bon sens, du respect des lieux et des personnes, et une autorisation claire dès qu’on sort de l’espace public autorisé.
Obtenir un lettre de « no objection »
Pour faire voler le drone au dessus des réserves et parcs nationaux, vous devez contacter le département de la vie sauvage par email : « nilushidwc@gmail.com ». Dans notre cas, voici la réponse que nous avons reçu lors du refus: « We understand your intent to produce a leisure video and acknowledge your efforts to comply with aviation and drone safety guidelines. Nevertheless, we must uphold the existing regulations to preserve the natural habitat and ensure minimal disturbance to the wildlife. »
Pour faire voler le drone au dessus des zones archéologiques, vous devez contacter le département de l’archéologie par email : « arch.promotion2017@gmail.com ». Dans notre cas, la réponse reçue a été: « We have received your mail… »
« Beaucoup de gens ne font pas la demande »…
Oui, c’est vrai.
Sur place, on voit des drones voler sans autorisation. Mais ça ne change rien à la réalité : les contrôles existent, les sanctions peuvent être lourdes, et surtout, cela donne une mauvaise image des voyageurs.
Pour nous, la logique est simple :
👉 respecter les règles fait partie intégrante du voyage.
Questions fréquentes pour utiliser un drone au Sri Lanka
Oui, à condition d’obtenir les autorisations officielles.
Non. Même les drones de moins de 250 g doivent être déclarés et autorisés.
Cela se fait en plusieurs étapes. Il faut anticiper avant le départ. Pour la première demande, c’est plus long, car vous n’avez pas encore enregistré le drone. Pour la seconde fois c’est beaucoup plus rapide (quelques jours).
Non. L’autorisation est limitée à des lieux, dates et horaires précis. C’est comme en Europe, tu fais pas voler ton drone dans le jardin de ton voisin sans autorisation.
La demande d’autorisation doit être effectuée uniquement via le site officiel de la Civil Aviation Authority of Sri Lanka : https://portal.caa.lk/drone/apply-now/report.php. Aucun autre site ou intermédiaire n’a de valeur légale.
L’obtention d’une autorisation se fait en plusieurs étapes (security clearance, paiement, approbation finale). Il est fortement conseillé d’anticiper la demande bien avant le départ, car le délai peut varier selon les autorités.
Voici l’email que vous pouvez contactez : drone@caa.lk et n’oubliez pas d’y indiquer votre « TRACKING ID »
Vous trouvez la liste complète des lieux sur la carte proposée par le site département d’archéologie du Sri Lanka.
Vous trouvez la carte proposée par le DWC.
Conclusion : voyager avec un drone au Sri Lanka, oui mais intelligemment
Ce deuxième voyage avec drone au Sri Lanka nous a confirmé une chose : faire les démarches officielles est la seule bonne option.
C’est un peu plus long, plus administratif, parfois un peu contraignant… mais c’est aussi ce qui permet de voyager sereinement, en respectant un pays qui nous offre énormément.
Si tu envisages de prendre ton drone au Sri Lanka, fais‑le bien.
Pas « en cachette ». Pas « en espérant que ça passe ». Mais en voyageur responsable.
Et c’est trop la class de recevoir une autorisation partagé par le secrétaire du ministère de la défense et transmis à l’officier d’état-major des opérations de drones pour l’officier de liaison militaire. Ainsi qu’au Commandant de l’armée, Commandant de la marine, Commandant de l’armée de l’air, Inspecteur général de la police et Directeur général de l’Autorité de l’aviation civile. Je crois pas avoir déjà vu ça en Europe… Vous êtes déjà en vacances avant d’avoir fait voler le drone au Sri Lanka.
